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| La confrérie des charitables de Saint-Eloi de BEUVRY : Chapitre 6 - Les mystères des charitables |
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a) la première méditation amène à chercher à comprendre comment, dans une commune aussi étendue, avec une population un peu dispersée, une telle mission et une telle tradition a pu traverser toutes les époques, les guerres, les révolutions et les épidémies. Commune surtout agricole, Beuvry a toujours eu une part d'artisanat non négligeable : rouissage du lin, exploitation de carrières, exploitation des tourbières, minoteries, brasserie, briqueteries, etc... Beaucoup de ces artisanats ont disparu, et l'agriculture a régressé ; les mines ont momentanément assuré la relève, mais les mines ont disparu, pas la Confrérie ! Alors...que ceux qui, à Beuvry, ont un peu de temps libre pour se dévouer pour les autres n'hésitent plus ! b) la deuxième méditation est plus difficile à formuler. Pendant des siècles, sur un simple brancard, les Charitables ont transporté les défunts avant de les inhumer, et il n'en reste rien. Les cimetières sont retournés lors des guerres ou même quand ils sont trop pleins...et rien n'est plus visible. A l'époque des bâtisseurs de cathédrales, d'autres hommes sur des brancards ont transporté de grosses pierres et leurs chefs-d'œuvre sont toujours là sous nos yeux. La mission des Charitables est-elle vaine ? Comment répondre à une telle question ? Pour les Croyants, une réponse peut être trouvée dans une des lectures de la cérémonie des obsèques: "CE QUI SE VOIT EST EPHEMERE, SEUL CE QUI EST INVISIBLE EST ETERNEL !" Sans souhaiter voir s'écrouler nos si belles cathédrales, nous retrouvons une affirmation similaire, bien que profane, dans le "Petit Prince" de Saint-Exupéry : "ON NE VOIT BIEN QU'AVEC LE COEUR !" A chacun d'interpréter suivant ses sentiments. c) la troisième méditation a déjà été exprimée au début de ce texte et concerne l'étrange protection accordée par Saint-Eloi aussi bien à Gallebot et Vincent, qu'à Germon et Gauthier, qu'à tous ceux qui les ont aidés et à ceux qui leur ont succédé : la protection contre tout fléau, qui soit contagieux et létal. Depuis Gallebot et Vincent, tous les écrits font mention de cette incroyable protection : -En l709,le R.P. Antoine Deslions S.J. dans son « Histoire de l'institution de l'ancienne et miraculeuse Confrérie des Charitables de St-Eloi », chap.V, section 1: Il semble que ce soit d'eux que parle l'Evangile de St-Marc : l6-V-28: "Si
mortiferum quid biberint, non eis nocebit" -En l858,dans la notice de la Confrérie de St-Eloi de Beuvry : "C'est une pieuse tradition que, dans les épidémies si nombreuses qui ont désolé Beuvry depuis l'année 1188, jamais un Charitable, remplaçant avec foi et vertu les fonctions de sa charge, n'a été victime du mal pestilentiel et n'a donné contagion à autrui". - En 1882, l'historien Eugène Béghin, dans son "Histoire de la confrérie des Charitables" (page 28) : "La tradition rapporte que les habitants des maisons de Germon et de Gauthier ont été de tous temps préservés de la peste". Pour tous, croyants
ou non, les faits sont là, troublants, émouvants, mais
évidents. Ce texte n'a pas pour but d'établir une thèse
d'eschatologie, ou de tenter d'élaborer une thérapie
nouvelle... à chacun son libre choix! « La vertu qui a toujours été carme le cachet propre de cette confrérie, c'est la Charité envers les morts, et le zèle à les porter en leur dernier asile. Ni la distance des lieux, ni la difficulté des temps, ni les dangers de la contagion, ni la multiplicité des inhumations, n'ont jamais pu décourager ses membres !» Beuvry,
le 5 janvier 2004. |

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